Cahier des charges de site web : les décisions à prendre avant le design
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Un cahier des charges utile ne commence pas par « nous voulons un site moderne ». Cette phrase ne dit rien de ce que le visiteur doit comprendre, faire ou trouver. Le document doit surtout aider une équipe à prendre des décisions avant d’engager le design et le développement. Il peut rester court, à condition de rendre visibles les objectifs, les inconnues et les arbitrages.
1. Décrire la situation avant la solution
Commencez par expliquer l’activité en langage simple : à qui s’adresse l’offre, comment les clients vous découvrent aujourd’hui et ce qui les empêche d’avancer. Un site qui reçoit déjà du trafic mais peu de demandes n’a pas forcément le même besoin qu’une entreprise absente du web. Dans le premier cas, il faut peut-être revoir la clarté de l’offre et le parcours. Dans le second, la structure et les contenus restent à construire.
Notez ce qui est connu et ce qui relève encore d’une hypothèse. « Les clients préfèrent appeler » est une observation à vérifier : combien d’appels viennent du site, pour quels sujets, à quels moments ? Ce niveau de précision évite de transformer une intuition en exigence technique.
2. Choisir un objectif principal par parcours
Un même site peut informer, rassurer, vendre et recruter. Chaque page n’a pourtant pas besoin d’accomplir toutes ces missions au même endroit. Pour un service, l’action principale peut être une demande de devis ; pour une boutique, l’achat ; pour une page carrière, la candidature. Définissez l’action attendue et le contexte qui doit la rendre naturelle.
- Public : qui arrive sur la page et avec quelle question ?
- Information : que faut-il comprendre avant d’agir ?
- Preuve : quelle réalisation, méthode ou réponse réduit l’incertitude ?
- Action : quelle suite est proposée, sur mobile comme sur ordinateur ?
Une page peut proposer un second chemin pour les personnes qui ne sont pas prêtes. L’essentiel est d’éviter de mettre cinq appels à l’action équivalents en concurrence.
3. Lister les contenus réellement disponibles
Photos, références clients, descriptions de prestations, tarifs, questions fréquentes, mentions légales : faites l’inventaire avant de valider les maquettes. Un écran très séduisant avec un grand portrait n’est pas exploitable si aucune photo adaptée n’existe. Indiquez pour chaque contenu son propriétaire, sa source et son état : prêt, à réécrire ou à produire. C’est souvent là que se révèle le vrai calendrier du projet.
Précisez aussi ce qui doit pouvoir être modifié après la mise en ligne. Une équipe commerciale peut avoir besoin d’actualiser ses offres ; un commerce, ses horaires ; un recruteur, ses annonces. L’autonomie de publication se conçoit en même temps que les modèles de pages.
4. Cartographier les connexions et les contraintes
Le site devra-t-il transmettre les demandes à un CRM, ouvrir un calendrier de réservation, afficher un catalogue, gérer plusieurs langues ou connecter un outil de mesure ? Pour chaque intégration, demandez qui la possède, quelles données circulent et que faire si le service est indisponible. « Connecter les outils » n’est pas une seule ligne de travail : il faut prévoir les droits, les messages de confirmation et les cas d’erreur.
Ajoutez les contraintes concrètes : domaine et hébergement actuels, accès aux comptes, obligations éditoriales, navigation mobile, accessibilité, sécurité et validation interne. Ce ne sont pas des détails à reporter au dernier jour.
5. Définir ce qui sera vérifié à la livraison
Une recette efficace décrit des scénarios observables. Exemple hypothétique : une personne cherche une prestation sur son téléphone, comprend le périmètre, ouvre la page correspondante, remplit le formulaire, reçoit une confirmation et l’équipe retrouve la demande au bon endroit. Testez aussi les erreurs : champ manquant, lien cassé, image absente, réservation indisponible. Ces scénarios sont plus utiles que « le site doit être intuitif ».
La mesure des résultats vient ensuite. Choisissez quelques événements pertinents, comme une demande envoyée ou un rendez-vous confirmé, puis vérifiez qu’ils sont bien enregistrés. Ne confondez pas nombre de clics et qualité des opportunités.
Un document vivant, pas une prison
Le cahier des charges peut tenir sur quelques pages si chaque choix est explicite. Gardez une liste distincte des idées à explorer plus tard : chatbot, espace client ou automatisations ne doivent pas brouiller le périmètre initial. Une fois les premiers parcours en place, les retours réels permettront de décider ce qui mérite d’être ajouté.
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